Par Estelle Doudet // Comment parler et que dire après une catastrophe ? Il a souvent été suggéré que les arts et la littérature atteignent leurs limites lorsqu’ils sont confrontés à l’irreprésentable que constitue un crime contre l’humanité, génocide ou acte de terrorisme. Face à cet indicible, la création fictionnelle devrait céder la place à d’autres formes de discours, l’enquête historienne, le témoignage judiciaire, la méditation philosophique. « Écrire un poème après Auschwitz est barbare » affirmait péremptoirement Theodor Adorno en 1949[2]. Mais si elle est explicable par un contexte qui n’a que peu à voir avec la situation actuelle, pareille déclaration évacue à peu de frais le rôle que peut jouer la littérature dans la reconfiguration de ce qui vient après un bouleversement majeur tel qu’une pandémie.
Après la pandémie : vers une révolution littéraire ? Lire la suite